Le 1er juillet 1916 en quelques mots...

Le 1er juillet 1916 à 7h28, 17 mines explosent sous les points forts des lignes allemandes (18 tonnes d'ammonal à Beaumont-Hamel et 27 tonnes à La Boisselle);

A 7h30, 13 divisions britanniques partent à la conquête des lignes allemandes (que soldats et commandement imaginent complètement détruits et libres de toute résistance) suivies, à 9h30, de 10 divisions françaises.

Certaines unités avancent l'arme à l'épaule, d'autres, comme à la parade, musique en tête, d'autres encore, ballon de football aux pieds, comme les hommes du Capitaine Nevill, du East Surrey Regiment.


La défaite est consommée en quelques minutes, à 7h36, soit seulement 6 minutes après le début de l'attaque, on compte déjà 30 000 hommes hors de combat, blessés ou tués. A ovillers et à La Boisselle les pertes sont énormes, les défenseurs campés sur la crête de Thiepval empêchent toute progression. Fricourt, Mametz et Carnoy tombent aux mains des alliés.

 

La sanglante désillusion :

 

Une fois le bombardement terminé, les allemands mettent leurs mitrailleuses en batterie et font donner l'artillerie. Avant midi, 60 000 britanniques sont mis hors de combat, dont 20 000 tués. Un niveau de perte jamais atteint jusqu'alors, et qui demeure aujourd'hui la journée la plus terrible de toute l'histoire de l'armée britannique (British army's bloodiest day). La constitution des régiments par origine géographique a des effets tragiques : ce 1er juillet 1916, le Yorkshire perd 9 000 hommes, le Lancashire 6 000 hommes, Manchester 3 000 hommes, Londres 5 000 hommes et Belfast 1 800 hommes.

Du côté français, où les défenses allemandes sont moins redoutables et où l'artillerie a obtenu de meilleurs résultats, le 20ème corps atteint tous les objectifs qui lui étaient assignés. Au sud de la Somme, le 1er corps d'armée colonial a avancé de presque 3kms en faisant 4 000 prisonniers, et a atteint Feuillères et Herbécourt. A Assevillers, il réussit presque à réaliser la percée tant attendue, mais le manque de mobilité de l'artillerie et l'extrême prudence du Général Fayolle obligent à temporiser.

Le 5 juillet, les français butent sur une troisième ligne allemande réorganisée et cessent d'avancer.

 

Les batailles de la Somme durent jusqu'au 18 novembre 1916, un lourd et tragique bilan est alors établi...

Au final, l'avance maximale des Alliés est de 12kms. Les Britanniques ont perdu autour de 400 000 hommes et les français 200 000 hommes. L'armée allemande compte plus de 430 000 soldats mis hors de combat, et sort ébranlée de la confrontaton. Ludendorff a été si fortement impressionné par l'artillerie alliée, qu'il est désormais convaincu que le temps donnera raison à la puissance industrielle britannique et française. Pour tenter de couper les voies de ravitaillement alliées, il ordonne l'intensification de la lutte sous-marine, ce qui finira par provoquer l'entrée en guerre de Etats-Unis.

En Grande Bretagne, l'hécatombe ayant touché les "régiments de copains" est un traumatisme qui met fin dans l'opinion à li'dée d'une guerre juste, et elle a forgé jusqu'à nos jors une image héroïque de ces combattants.

En France, l'horreur de Verduna effacé dans la conscience nationnale le terrible effort consenti dans la Somme par les armées françaises.

Cette disjonction des mémoires est encore bien sensible aujourd'hui, ne serait-ce que dans l'attitude recueillie des visiteurs britanniques à Theipval ou Beaumont-Hamel.

Le front déplacé